Blog de Mary L.K. Hampton-Graves, COPS ~ Journal Intime

Ce journal appartient à Mary Lily-Ann Kathrin Hampton-Graves
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Journal de Bord de Mary Hampton-Graves
12 Juin 2030, dans une chambre d’hôpital

 

                Maintenant, simplement prendre un peu le temps de revenir sur ces deux jours depuis mon entrée aux COPS. Je n’avais jamais imaginé, lorsque j’ai demandé à être affectée à l’élite du LAPD que je me retrouverais dans une situation pareille en moins de 48h de service. Mais maintenant que j’y repense, si j’avais eu un peu plus d’ancienneté, j’aurais agis différemment et je n’aurais pas échoué assise sur une bombe dans les sous-sols de Norwalk.  Enfin, autant commencer par le début, les expériences douloureuses, c’est pour plus tard…

 

                Prendre son premier service en cours, aux environs de 4h du matin, ce n’est sans doute pas ce qu’il y a de plus agréable. Mais bon, j’imagine que quand on a été repêchée au dernier moment, on ferme sa grande bouche et on ne remercie le sort de ne pas nous avoir laissé au fond du panier. J’aurais préféré ne pas être affectée au service de nuit, qui a pour inconvénient majeur de se dérouler dans mes horaires de soirée et donc de me couper de certains de mes contacts, mais quand je pèse le pour et le contre, j’me rends bien compte que c’est chez les COPS que je suis, que je veux rester, et que même Edward devrait comprendre qu’il passe encore un peu plus au second plan. Arrivée au Commissariat Central, je me retrouve en compagnie de Samuel Garder, arrivé tout comme moi par la petite porte. Nous sommes accueillis par Padre, le doyen des COPS. Il n’est pas si vieux, mais cela a au moins le mérite de nous remettre la réalité devant les yeux. L’espérance de vie d’un COPS n’est pas énorme. Réalité qui devient un peu plus palpable lorsque nous récupérons les uniformes et les casques de nos prédécesseurs. Morts, évidemment. Sinon nous ne serions pas là. Ils sont déjà peints. Le mien est rouge, couvert d’éclairs noirs. Sûrement une signification derrière tout ça, mais je n’ai pas encore eu le temps d’y penser depuis. Trop occupée ou trop fatiguée. Padre nous a fait faire le tour de l’étage réservé aux COPS, puis nous a annoncé qu’on attendait le reste de notre équipe. On les a attendus dans la salle de repos. Je n’ai pas vraiment tenté de faire connaissance avec Garder. Un para un peu rustre, à première vue. Pas vraiment eu envie d’aller voir plus loin.

 

                Lorsque les collègues arrivent, je reconnais parmi eux un camarade de l’école de police, Mitchell McCoy. Je lui avais jamais vraiment adressé la parole et nous cercles d’amis respectifs ne se croisaient pas vraiment. Je ne suis pas sûre mais il me semble que la seule fois où je lui ai adressé la parole en dehors de l’Académie de Police, c’est le soir où je me suis pris la plus grosse cuite de ma vie après que Daniel m’ait laissée tomber. Enfin, rien de bien important. Le deuxième collègue est une femme. Maria José De Pablo. Je n’ai pas pensé grand-chose à son sujet. C’est une femme en apparence assez froide. Je ne m’intéresse pas aux femmes, même si j’ai déjà eu plusieurs propositions, dans mon beau quartier de West Hollywood. Ils nous expliquent brièvement que les deux autres COPS avec qui nous seront en service sont (déjà…) blessés. L’un est à l’hôpital. Il s’appelle James Aniston et vu le sourire de McCoy en évoquant ses blessures, il semble valoir le détour. L’autre, Kim Wang Lee, est également un ancien de l’Académie de Police. Je ne me souvenais pas vraiment de lui. De Pablo nous met rapidement au courant de l’affaire sur laquelle ils sont en train d’enquêter. La femme du Pakam, le chef de la Garde Rouge, la Mafia Russe qui règne sur Skid Row, a été retrouvée éviscérée selon des rites vaudous dans une boucherie de Skid Row. Ce n’est pas le premier crime de ce genre à se dérouler dans le coin. Les seules victimes jusqu’à ce jour étaient les membres d’un clan hispanique du coin, les Lames Noires. Et les coupables tout désignés se trouvaient également dans le coin. Les Chasseurs de Dragons, un gang jamaïcain mené par Brahim Niouma.


               
On retourne sur place avec les collègues. En arrivant dans Skid Row, on se retrouve en plein rodéo. Certains dont je ne citerais pas le nom émettent l’idée inconsciente d’essayer d’arrêter le rodéo. Je ne sais pas à quoi ils pensaient, mais je refuse de me faire buter à mon premier jour de service. Ça la fout mal, sur un CV. Il ne fut pas difficile de les convaincre de se rendre plutôt directement au Bunker et de continuer notre enquête, comme des COPS bien sages. Là, les policiers de garde nous apostrophent au sujet des deux russes que De Pablo et McCoy ont appréhendés plus tôt dans la nuit. Ils décident de les relâcher. On a également reçu les infos que l’ont était venus chercher. À savoir là où on pouvait espérer trouver les Lames Noires. Dans les environs du Par cet du Centre Commercial. Il doit être quelque chose comme 5h15 quand on sort du Bunker pour aller rendre visite à nos « gentilles victimes ». Comme de par hasard, le Centre Commercial est dans le quartier de la Boucherie. Mais surprise, une fois sur place on se retrouve nez à nez avec une bande de Jamaïcains plutôt bien armés en compagnie de deux-trois putes. Mitch et moi sortons de la voiture pour prendre contact. D’ici il était facile de voir l’uzi ou la machette qui pourraient finir dans mon estomac. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que, rester dans la voiture, c’était pas mal non plus. La discussion avec les Jams ne s’est pas hyper bien passée. On a même eut droit à l’arrivée de Brahim Niouma en personne, complètement shooté au Joker. Et puis les Lames Noires sont arrivés, bien sympathiques. Ils m’ont laissé le temps de me jeter au sol avant de tirer sur les Jams. Le 4x4 des Lames Noires ne s’est pas attardé et les Jams qui ont pu fuir n’ont pas hésité. Une voiture de Jams est partie à la poursuite du 4x4. De Pablo et Garder partent à leur poursuite. Il y  a trois Jams au sol. Deux pour lesquels je n’ai rien pu faire, et un que j’ai soigné comme je le pouvais. Je n’ai aucune idée s’il a survécu à ses blessures ou pas. Je préfèrerais, personnellement parlant.

 

                C’est à ce moment que De Pablo et Garder on reçu un appel du Central. 10-18 à l’hôpital où se trouve Aniston. Ils on alors abandonné la poursuite, sont revenus nous chercher et nous sommes partis en direction de l’hôpital. Sur place, 5 ambulances évacuaient les blessés. Aniston nous a contactés et annoncé la présence d’un mec armé d’un lance-flamme et d’un fusil d’assaut à son étage. Le Lieutenant Hawkins était également sur place et nous a emmenés au centre de contrôle. Là, le capitaine du SWAT nous a expliqué la situation. L’hôpital, compte 17 étages et les terroristes l’occupent à partir du 15°, l’étage où se trouve Aniston. Il semble qu’il y ait 4 terroristes non-identifiés là-haut, les blessés et les malades sont placés devant les escaliers et les ascenseurs sont bloqués. Les infirmiers et les médecins sont retenus en otages en salle d’op. Garder, McCoy et De Pablo se sont alors portés volontaires pour aller voir par le toit s’il y avait une possibilité de rentrer autre que celles déjà envisagées par le SWAT et apparemment impraticables. Ce n’est pas par peur que j’ai décidé de rester en bas. Juste que je me suis dis qu’avoir un contact direct avec le sol autre que son supérieur quand on se trouve au beau milieu de la ruche quand les abeilles ont des lances flammes, ça pouvait servir. Selon les infos que j’ai reçues d’Aniston, toutes les sorties de secours étaient bloquées au plastic. Quelques instants après l’arrivée de mes co-équipiers sur le toit, on a eu droit à une superbe explosion sur le toit de l’hôpital. Comme je l’ai appris après, il semble que, un rien ennuyée par l’absence de toute autre possibilité, a balancé un caillou par l’ouverture et déclenché un dispositif explosif placé là. C’est le genre d’action pas si con quand on se retrouve dans un donjon et que, pour la quinzième fois, le roublard ne détecte pas de piège mais que les quatorze fois précédentes, ça nous a quand même pété à la gueule. Mais bon, si c’est acceptable dans un jeu de rôle avec des elfes et des gobelins, dans la réalité, ça la fout mal, un peu… Pendant ce temps, au sol, je leur faisais passer les infos que j’avais. Aucune idée de s’ils les ont reçues ou pas. Il semble qu’au bout d’un moment, ils ont coupé leur radio pour ne plus entendre les délires d’Aniston. En tout cas, lorsque je leur ai fait passer l’ordre de se barrer pour laisser agir le SWAT, ils n’ont pas eu l’air de l’entendre. Selon un appel d’Aniston, les terroristes se promenaient dans les couloirs avec des blessés sur des brancards. Impossible de définir leur identité. Selon les terroristes, ils allaient quitter l’hôpital par le toit et demandaient que l’on n’intervienne pas. Ruse grossière. Ils ont fait sortir tous les blessés en même temps. Un coup d’œil dans la foule m’a permit de repérer un rouquin plutôt pressé avec un bandage à la jambe. Je l’ai indiqué à quelques collègues qui l’ont interpelé. Il a tout de même essayé de s’enfuir, mais après avoir reçu une balle dans la cuisse, ça devient un peu moins facile. À l’étage, Garder s’est débarrassé assez facilement du mec au lance-flamme. C’est un des trucs pas cool dans ma façon de fonctionner. Je rate la quasi-totalité des actions héroïques de mes coéquipiers. Il y en a qui mériteraient deux trois photos. En descendant au 14°, Mitch a découvert les costumes des terroristes et des fusils d’assaut. Ce qui a confirmé ma petite théorie. Ils ne se sont jamais barrés par le toit, ils étaient tous dans la foule des blessés. On aurait été plusieurs à y faire attention, je suis presque persuadée qu’on aurait pu choper le reste de la bande. Mais une fois qu’ils ont vu que j’en avais repéré un, les autres se sont fait plus discrets…  Enfin, le SWAT a repris l’affaire en main et comme, étonnement, le temps passe plus lentement dans ce genre de moments et qu’il n’était même pas 6h, on est tranquillement repartis continuer notre enquête au niveau de la Boucherie. De Pablo et moi avons interrogé le vigile présent dans le parc. Il est membre des Veilleurs, une société de Gardes pas tout à fait légale menée par Luka Takeshi. Encore un qui ne savait rien. En fait, une fois que j’y repense, rien dans les interrogatoires que nous avons menés en fin de service ne nous a vraiment servi à quelque chose. Je ne me souviens pas du nom exact du boucher. Santiestago, quelque chose du genre. Ni lui ni ses employés, Daryl Taylor, Matthew Hammer et Codie  je ne sais plus comment, ne savaient quoi que ce soit sur le meurtre qui s’est déroulé là. On a peut-être un peu perdu notre temps, mais ça arrive, dans une enquête. Pendant ce temps, les hommes ont été faire un tour du côté de l’appart’ de Daryl Taylor. Parce qu’il avait eu des accrochages avec les Jams plus tôt et que des évènements survenus dans sa famille le reliaient assez fort à notre actualité sanglante. Pauvre mec. Si une chose pareille était arrivée à mes parents… Enfin, de toute façon, il était innocent.

 

                La nuit suivante, on a reçu plusieurs infos en arrivant au LAPD. La femme du Pakam serait morte vers 5h et aurait été pendue dans le ¼ d’heure, voire la ½ heure qui a suivi. Le rite selon lequel elle a été éviscérée était tout à fait vaudou, ce n’était aucune imitation d’un rite. Elle avait également eu un rapport sexuel la nuit précédente. L’idée a été soulevée qu’elle aurait eut une affaire avec Santiestago, le boucher. Je ne me suis pas trop attardée sur cette théorie. La femme du Pakam avec un boucher ? Du mal à y croire, perso. De toute façon, avec les analyses, on aurait bientôt la réponse. J’ai aussi eu quelques infos concernant mon rouquin de l’hôpital. Il est de la Mafia Irlandaise et c’est sans doute à lui qu’on doit les quelques explosions qui ont eu lieu. J’ai oublié de demander l’identité du terroriste tué par Garder. Il ne manque aucun malade parmi les patients de l’hôpital, mais une dizaine de cadavres défigurés ont été déposés sur place. Ils n’ont pas encore été identifiés.

 

                En premier lieu, je me suis rendue avec Garder et Aniston auprès des Lames Noires pour les interroger. À propos de la fusillade, de ce qu’ils ont contre les Jams, des morts qu’il y a eu chez eux dernièrement, leurs rapports avec le boucher, avec les russes, leur idée sur qui pourrait être assez con pour tuer la femme du Pakam, s’ils ont vu ou entendu quelque chose la nuit du crime, s’ils savaient qui couchait avec la femme du Pakam … Ce genre d’infos. On les a facilement trouvés, au bas d’un immeuble, tranquilles, comme si de rien n’était. Ils n’avaient rien d’agressif mais étaient tout de même tous armés. Je les ai tout de suite trouvés beaucoup plus sympathique que ces putains de Chasseurs de Dragons. Enfin, c’est quand même eux qui ont arrosé le Centre Commercial, la nuit dernière… Et la kalach sur le pas de la porte a terminé de me persuader de faire attention. Tout ce qu’on a réussi à leur faire sortir, au départ, c’est « On va leur faire payer. Cher. ». Génial. Rien d’hyper constructif. Et là, Emilio Bonaventura. Si j’avais un genre de mecs prédéfinis, il entrerait dans la catégorie. Le courant est très bien passé avec lui. Après cinq minutes de discussion, il apparait qu’il entretient des « relations personnelles » avec Marlena, la femme du Pakam. Selon lui, seul Brahim Niouma peut avoir commis ce meurtre. J’ai réussi à convaincre Emilio de me fournir un échantillon de son ADN, en échange d’une photo. Je pense bien avoir trouvé le dénouement de l’affaire… Depuis quelques  temps, Niouma s’en prend aux Lames Noires pour les faire dégager de « son » territoire. Il y a deux nuits, il a cru attraper la compagne d’Emilio. Il devait ignorer complètement sa véritable identité. Pendant ce temps, De Pablo et McCoy ont été faire un tour du côté de la Garde Rouge. Quand on est revenus de nos investigations personnelles, De Pablo, McCoy et moi-même nous sommes allés rendre visite à Luka Takeshi, fils d’une immigrée russe et d’un épicier japonais. Apparemment, il a su faire son chemin à Skid Row…  Et ce mec a un de ces charismes ! Emilio me plaisait, mais Luka me met légèrement mal à l’aise. Il est vraiment beau, et il a totalement l’air de s’en foutre. Enfin, c’est pas comme si c’était important. Il veut nous présenter une de ses filles, Azur. C’est en relation avec notre affaire. On a quelques infos sur lui, pas grand-chose. Il a un casier totalement vierge. On a juste un ou deux rapports sur les Veilleurs et son réseau de prostituées. On a écouté Azur nous raconter sa petite histoire. 5-6 ans plus jeune que moi, elle a un corps superbe. Je n’ai pas vraiment apprécié cet endroit. Je ne sais pas pourquoi. J’préfère me sentir belle dans mon coin que moche en compagnie de gens qui me font de l’ombre, sûrement. Et peut-être que si je me maquillais et m’habillais également comme une pute, j’pourrais rivaliser avec Azur. Enfin, rien à foutre, aucune envie de ressembler à Azur. Et non, je ne suis pas jalouse, merde. Ou si. On s’en fout. Azur, donc, nous a rapporté la conversation téléphonique qu’elle avait captée entre Niouma et un de ses lieutenants, un client à elle. Ils ont attrapé une jeune femme sortant de chez Emilio et ils étaient prêts à la « convoyer ». Pour sa protection, on a emmené Azur au Bunker.

 

                McCoy s’est barré une demi-heure. Quand il est revenu, on a un peu discuté. J’ai laissé sous-entendre, pour rire, qu’Emilio avait vraiment une gueule d’amour et que si j’en avais l’occasion, je retournerais bien lui rendre visite. Et c’est là que Mitch m’a informée que si j’voulais le revoir autrement qu’en morceau, je ferais bien de le prévenir de se barrer de Skid Row. J’ai immédiatement demandé à Mitch de me conduire quelque part. Il n’a pas rechigné quand je lui ai dit où. J’ai pu prévenir Emilio, je lui ai laissé mon numéro de portable, et il est parti. En revenant vers le Bunker, on a croisé les deux Russes déjà arrêtés la nuit précédente. Quand j’y repense, si on ne les avait pas laissés terminer leur promenade, il y aurait eut moins de mort, d’immeubles écroulés et de blâmes… Et on savait très bien ce qu’ils allaient faire. Merde, c’est pas simple de rester du bon côté de la loi. Et surtout de savoir quel est le bon côté de la loi et de faire la distinction entre le bon côté de la loi et le bon côté tout court. Pas toujours le même. Version de notre absence pour les autres : Dan, un de mes ex, reporter, voulait absolument que je lui file des infos sur l’affaire de la Boucherie. J’ai été à son rendez-vous avec McCoy pour l’envoyer paître ailleurs le plus gentiment possible. Une fois revenus au Bunker, les autres sont prêts à se rendre au Centre Commercial pour tenter d’appréhender Niouma. Kim Wang Lee nous a rejoints en cours de route. Après l’avoir vu, en effet, je me souvenais mieux de lui. Il avait les mêmes difficultés que moi à se soumettre aux exercices un peu trop physiques et que je jugeais pour la plupart inutiles. Savoir grimper à une corde raide n’aide pas souvent à appréhender un suspect. De mon point de vue. Avant de partir, on a reçu un appel radio prévenant de coups de feu aux environs du Centre Commercial. Immédiatement j’ai pensé aux russes. J’m’en voudrais un bout de temps de pas les avoir arrêtés. Mais si on avait tenté de les arrêter, on aurait peut-être été les premières victimes de leurs Colts. Et puis on n’avait aucune raison valable de le faire. Et apparemment Mitch encore moins que moi. 

 

                Une fois arrivés au Centre Commercial, on découvre deux cadavres. Deux membres du Gang des Chasseurs de Dragons. Ces putains de russes avaient commencé à faire justice eux-mêmes. Mais ce n’était pas possible, ils ne pouvaient pas savoir. On venait tout juste de mettre toute l’affaire à jour. À moins qu’ils n’aient une taupe chez les COPS. Peut arriver. Ou bien tout simplement, rites vaudous = chasseurs de dragons, et ils n’ont pas cherché à aller voir plus loin dans leurs petites boîtes crâniennes. Enfin, je ne peux m’empêcher de me demander où était Mitch, quand on est retournés au Bunker… Je suis restée sur place avec Kim pour jeter un coup d’œil aux cadavres et attendre l’équipe qui viendrait donner un coup de balai dans le coin, ramasser les cadavres, tout ça… Les autres, plus loin, on arrêtés les russes et découvert qu’ils avaient placé un bombe dans l’immeuble servant de QG aux Chasseurs de Dragons et qu’il resterait deux minutes avant que tout ne pète. Et bon, ça a pété. Il doit encore y avoir un tas de Jams sous les décombre et un Lame Noire. Enfin, avec les émeutes qu’on a déclenchées là-bas, j’suis pas sûre qu’on envisagera un jour d’aller fouiller là-dessous pour retrouver les corps. J’suis restée à l’extérieur pendant que les autres allaient et venaient dans les caves. McCoy a été touché et a explosé le genou d’un Lame Noire qui se trouvait dans les caves également. On me l’a ramené et je l’ai soigné. Les renforts se sont pointés assez rapidement. Pompiers et 4x4 anti-émeute. Un moment, j’ai eu peur que Garder ait gardé les colts des russes avec lui. Ça la fout mal de pas avoir les preuves de meurtre avec les meurtriers. Je sais pas trop ce qui s’est passé du côté des autres. Apparemment ils on volé une voiture pour partir à la poursuite des Jams qui s’enfuyaient, après avoir essuyé des tirs dans un terrain vague en sortant des caves. Au final, chez les Jams : un mort et trois blessés. Kim, Mitch et moi-même sommes en mauvaise posture dans le coin. Il vole des cocktails Molotov… On monte dans un blindé, Mitch récupère la voiture dont j’avais gardé les putains de clés sur moi, évidemment, et on se barre. On passant, on a récupéré les trois autres et leurs blessés. Il était un truc comme 2h30. Les hélicos se pointaient dans le coin et on a eu droit à une courte engueulade par radio et un rendez-vous avec Hawkins.


                
Environ un quart d’heure plus tard, arrivés au Commissariat Central, Padre nous accueille. Plutôt froidement, je dois dire. Je n’ai pas directement compris pourquoi, n’ayant pas suivi toute l’action qui s’était déroulée aujourd’hui. Il nous a amenés dans la salle de conférence et on y a passé trois putains de quarts d’heure avant qu’il ne se passe quelque chose. Trois quarts d’heure fort peu animés, d’ailleurs. Je pense que je me suis un peu endormie dans mon coin. Enfin, pas vraiment important, de toute façon. Il ne s’est rien passé mis à part que pour un COPS, donc pour moi, c’est vachement frustrant de se retrouver aussi longtemps sans rien faire, sans info, sans action… Oui, même si je n’y prends pas toujours directement part, j’ai parfois envie d’un brin d’action. J’en étais presque arrivée à souhaiter qu’Aniston nous fasse une démo de son art du bâton avec un balai lorsqu’un mec en costard-cravate est entré. Vide, ce mec. Je  n’ai vraiment pas d’autre mot pour le décrire. Il s’est présenté à nous comme l’inspecteur Damas, du SAD. Les affaires intérieures. En deux services, on avait attiré les affaires intérieures sur notre dossier. J’en étais, et j’en suis toujours, d’ailleurs, sur le cul. Non, parce que s’ils vont chercher un peu trop loin, ils seraient même capable de retrouver mon casier judiciaire d’avant ma majorité. J’ai bénéficié d’un petit coup de pouce d’une avocate sympathisante pour le faire effacer à ma majorité et pouvoir repartir à zéro et surtout pouvoir rentrer à l’académie de Police. Ça pourrait être un joli petit désastre pour ma carrière… Enfin, le SADic, rebaptisé mentalement par mes soins, s’est contenté de prendre notre identité et de s’en aller gentiment sans faire une seule remarque. Ce mec me fait froid dans le dos. Une fois sorti, Padre est venu nous chercher pour nous conduire chez Hawkins. En chemin, on a pu croiser les trois Jams blessés par Garder, De Pablo et Aniston, qui rentraient chez eux accompagnés de leur avocat. C’est là que j’ai commencé à me dire que ce qui intéressait le SAD n’avait sûrement aucun rapport avec mon passé mais plutôt un lien direct avec les évènements de cette nuit et l’arrestation non-réglementaire de nos amis jamaïcains. J’ai rapidement repassé mes souvenirs, cherchant l’erreur que j’aurais pu commettre… Ma camera était-elle allumée lorsque nous nous sommes rendus chez Emilio ? Apporter son aide au chef officiel d’un gang de Skid Row était peut-être une faute grave ? Je n’étais vraiment pas à mon aise en entrant chez Hawkins. Mais il n’a rien dit contre Mitch, Wang Lee ou contre moi. Apparemment, Garder, Aniston et De Pablo ont volé une voiture et ouvert le feu sur des suspects sans être sûrs de leur identité. Ou plutôt en étant sûr de leur identité mais en n’ayant aucune preuve. Notre présence sur place a malheureusement également provoqué de belles émeutes… Les trois ont un blâme et il me semble que pour nous aussi, la prochaine erreur risque d’être fatale. Suite à ça, Hawkins nous a placés en binômes. De Pablo et Wang Lee, Garder et Aniston, Mitch et moi. Ça m’a fait assez plaisir de me retrouver avec Mitch. Non seulement parce que je n’avais pas forcément envie de me retrouver avec les autres, quoi que une équipe totalement féminine, ça aurait pu le faire aussi. Enfin, juste pour le côté féministe de la chose. Comme De Pablo l’a fait remarquer, laisser les hommes se débrouiller seuls entre eux ça n’apporte que des ennuis. Comme j’disais, Mitch, je le connais depuis l’académie de police. On n’a jamais été très proches, mais j’pense qu’on est bien complémentaires et c’est un peu le but d’un binôme.

               

                Après nous avoir passés son savon, nous avoir mis en couples, et nous avoir plusieurs fois fusillés du regard, le lieutenant nous a généreusement désignés volontaires pour une mission le lendemain (hier). Escorter un détenu jusqu’à l’aéroport de Norwalk. Départ 15h, arrivée du détenu vivant avant 19h à l’aéroport. On reçoit assez peu de précisions, mais rien que le fait de savoir qu’on assigne une dizaine de COPS à cette mission et qu’on précise que le détenu doive arriver vivant… tout cela m’avait déjà fait froid dans le dos…

                Après cette charmante entrevue avec notre adorable Lieutenant, on a enfin pu sortir. Il était 5 h, dans ces eaux-là, et Hawkins a réclamé nos rapports pour la fin de notre service. Le genre de rapport qui sera épluché par les SADics et qui servira de base à leur premier (ou deuxième) jugement sur nous. J’espère vraiment qu’ils ne s’attachent pas trop à l’adage selon lequel la première impression est toujours la bonne, sinon on est fichés à vie. Enfin, j’ai mis toute mon objectivité et mes qualités de bureaucratie dans ce rapport. J’espère ne rien avoir laissé échapper ou ne rien avoir omis du service de cette nuit… mais ça devrait aller. J’étais assez satisfaite du résultat final. Enfin, on verra bien.  Après ça, De Pablo a accompagné McCoy à l’hôpital. Il aurait du y aller bien plus tôt. Il en faut pas prendre ce genre de blessures à la légère. La radio nous a confirmé que les émeutes de Skid Row avaient laissé place à une véritable guerre des clans. Je ne peux pas m’empêcher de me demander comment va Emilio et s’il me rappellera un jour. Il a mon numéro, de toute façon, s’il a besoin d’aide ou quoi que ce soit. Faudrait aussi que je pense à me concentrer sur nos enquêtes, et pas sur nos suspects… Peut-être… Enfin, c’est pas comme si je devais me concentrer beaucoup plus sur l’affaire du Boucher de Skid Row, puisqu’on l’a classée. On a lamentablement échoué dans notre tentative d’arrêter Niouma. Mais je me dis qu’au final, ça serait revenu au même point qu’on ait tenté ou pas de l’arrêter. Après l’appel au sujet des coups de feu, on se serait quand même précipités sur place, on serait peut-être arrivés à l’immeuble avant qu’il n’explose… la différence n’aurait pas été énorme. Peut-être qu’on en porterait un peu moins la responsabilité. C’est en revivant ces petits épisodes que je m’imagine qu’on aurait pu agir tout à fait différemment, que je trouve d’autres solutions, d’autres manières de réagir… j’espère pouvoir profiter de toute cette nouvelle expérience pour éviter des erreurs dans les affaires futures. À la fin du service, pour faire plaisir à McCoy, j’ai fait la demande pour avoir un fusil à pompe dans la voiture de service. Mais il y a sûrement un truc que je n’ai pas saisi dans ces papiers… à la fin du service, De Pablo et moi, on est allées manger un bout chez Nicky, pour déjeuner avant de rentrer à la maison. Elle est assez sympathique, même si ce déjeuner ne fut pas très animé. Je suis épuisée. J’aurais bien aimé pouvoir dormir la journée, mais avec cette nouvelle mission suicide, ça ne va pas trop être possible. Vive la vie. Ed est passé me chercher ce matin, mais je ne pense pas qu’il fera tous les trajets pour moi. Il a autre chose à faire et en ce moment je n’ai pas d’autre dédommagement à lui donner qu’un bâillement à la figure avant de m’endormir comme une masse. Il faudrait que je me trouve soit un chauffeur plus régulier, soit un moyen de transport autre que le métro. Les transports en commun, fort peu pour moi. Pas trop envie de me frotter au monde sauvage de LA en dehors des heures de service. Pour ça que j’aime West Hollywood…

 

                Je n’ai pas énormément dormi aujourd’hui. Ces histoires de SADics, de guerre des Gangs, de morts… ça m’a rongée. Et la TV et la radio ne m’ont pas aidée. La Garde Rouge est en pleine épuration du Quartier. Lames Noirs et Chasseurs de Dragons doivent disparaître, évidemment. Le chef du premier Clan a fait des Cornes au Pakam et l’autre Clan a transformé sa femme en morceau de viande froide pendue aux crochets d’un boucher. Il y a de quoi se fâcher. Et faire des dizaines de morts. Mais il y a un truc qui reste accroché dans mon esprit. Comment ont-ils pu savoir tout ça ? Parce qu’ils n’ont pas pu le savoir sans qu’il n’y ait des fuites côté COPS. Et j’ai vraiment du mal à croire que ça vienne de Mitch, mais c’est le seul qui aurait pu… Et puis il était un peu trop… familier avec les Russes. Je n’ai rien dit mais… Non. Je n’ai pas envie d’y croire. Pour en revenir aux évènements de la journée, Niouma a été retrouvé. On a pu identifier son corps dans une cuve d’acide grâce à sa main posée sur le couvercle. J’peux pas m’empêcher de pense que c’est un pauvre mec et que personne ne mérite de mourir comme ça. Même après les meurtres odieux dont il s’est rendu coupable. Il aurait du être jugé. Ah, le grand idéal de l’équilibre entre le bien et le mal maintenu par une justice stable et respectée de tous. Mais malheureusement, on n’est pas assez à le partager pour qu’il puisse être mis en place, cet idéal. J’suis peut-être un peu trop naïve dans ce que je souhaite, mais peu m’importe. Je veux participer à la construction d’un monde meilleur. Et puis, comme je l’ai déjà dit, je n’ai toujours pas de nouvelles d’Emilio, à part un message « merci ». Fort peu. Et je n’ai pas vérifié si il avait caché son propre numéro où si je pouvais tenter de le rappeler. Mais je ne le ferais pas. Pas mon genre. S’il veut me rappeler, il le fera, c’est tout. Mais si jamais y’a moyen de le recontacter pour une affaire dans laquelle il pourrait nous aider, ça vaut quand même la peine.

 

                C’est après avoir dormi environ 4 heures par à-coups que j’ai sonné à Ed pour qu’il me ramène au Commissariat. Il râlait un peu, mais il n’a pas pu refuser. Je lui ai promis de m’occuper de lui dès que possible, que ce soit pour l’aider dans ses affaires, professionnelles ou personnelles. À 14h30, j’étais au Commissariat. Un brin en avance, mais je préfère. Rendez-vous dans le garage, donc. Sur place se trouvaient déjà 4 autres COPS et le lieutenant de leur Section. Et on reçoit un gilet pare-balle, ce qui ajoute un peu plus de sueur à celle qui m’inondait déjà le dos depuis le matin. Avant de se lancer dans notre petite mission bien sympathique, Wang Lee nous a rassemblés dans un coin pour nous mettre encore un peu plus la pression. Le mec qu’on va escorter est un serial-killer. Il se concentrait sur des personnalités politiques importantes avant d’être appréhendé. Étant donné que les politiques sont impliqués, on avait donc intérêt à rester plus que clean. Et Wang Lee nous a prédit des dégâts, comme si aucun de nous ne s’y attendait. Je me suis dit que s’il devait y avoir des problèmes, ça viendrait sûrement de l’intérieur. Mais l’idée s’est évanouie directement. Ma naïveté, encore. Je me suis dit que les COPS étaient tout de même l’élite de la police… Mais j’ai omis le fait que si dans les COPS il y a l’élite de la police, il y a également l’élite des pourris de la police. Faut toujours compter avec eux, même si on ne sait pas qui ils sont. Et surtout qi on ne sait pas qui ils sont. Donc, début de mission, on a droit à un nouveau petit briefing. Un grand nombre de fourgons, de voitures plus ou moins banalisées, d’itinéraires plus ou moins différents, de risques, et de hasard. Je n’aime pas le hasard. Surtout dans ce genre d’affaires délicates. Lorsque les fourgons sont arrivés, Aniston les a inspecter, histoire de ne pas en voir un ou les trois nous exploser à la figure pendant les trajets. Surprenant et pas vraiment agréable. Cinq minutes plus tard, une bande de costumes-cravates et de camisolés se sont pointés. L’un deux était notre dangereux détenu. Ne pas savoir lequel ne m’a de nouveau pas rassurée. Je préfère avoir toutes les informations en main plutôt que de dépendre de ce que l’on voudra bien me dire… Le hasard a désigné de charmantes équipes. Une équipe de 4, composée de De Pablo, Aniston, Wang Lee et McCoy, et deux équipes de trois. Celle de Garder et de deux autres COPS, et la même avec moi à la place de Garder. On reçoit un fourgon au hasard. Drôle de hasard. Trois équipes, trois détenus, trois fourgons, et il le fait quand même à pile ou face. C’est pas logique. Vraiment pas. Mais bon, c’est lui le grand chef, c’est lui qui voit. À 15h, les premières voitures banalisées sont parties et nous 15 minutes plus tard. Et de nouveau 15 minutes plus tard, chaque fourgon prend son propre itinéraire. Et c’est là que ça a dérapé. Ces enfoirés de pourris ont détourné deux fourgons. Le mien et celui de Garder. L’un d’eux m’a proposé 2 briques pour ne pas les empêcher de détourner le détenu. Ma première réaction a été de refuser. Je n’aurais pas du, ça m’aurait évité un sacré mal de tête en me réveillant je ne sais pas combien de temps plus tard dans le noir attachée à une chaise. Dès que j’en ai la possibilité, je fais repeindre mon masque et je le fais améliorer. Ces éclairs noirs ont du style, mais je voudrais quelque chose de plus personnel. Une fleur. Un Lotus Noir. Quelque chose dans le genre. Et un filtre. Capable de résister à ces putains de gaz soporifique. J’en aurais eu un, ça aurait pu aider. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Pendant un bon bout de temps, je n’ai pas vu ni entendu grand-chose. Ma radio grésillait par moments, quelque part devant moi, mais impossible de voir où. J’ai aussi entendu les deux enfoirés qui étaient dans le fourgon avec moi se demander ce qu’ils allaient faire de ma petite personne. Et c’est là que j’ai réalisé dans quelle position de merde j’étais. Mais c’est seulement lorsque mes supers coéquipiers sont arrivés que j’ai pu me rendre compte à quelle point ma situation était pénible. J’étais assise sur une bombe composée de produits chimiques avec détonateur au mercure relié à un petit GSM. Je ne sais pas combien de fait j’ai remercié Dieu de ne pas avoir tenté de me débattre avant leur arrivée. Quand le Bomb Squad est arrivé, j’étais trempée de sueur et mes muscles étaient totalement raidis à force de ne pas bouger et de respirer le moins possible pour ne pas bouger par erreur… Ils ont finis par désamorcer le truc et De Pablo m’a raccompagnée à la surface. L’air frais m’a fait énomément de bien. Apparemment les autres ont trouvé un truc intéressant là-dessous, mais j’veux rien savoir. Ça relève des affaires internes, ce genre de choses. Je ne veux plus rien avoir à faire avec ces enfoirés et leurs magouilles. J’ai failli flinguer la radio de la bagnole dans laquelle je me trouvais avec Wang Lee et McCoy lorsqu’ils ont annoncé dans un flash info qu’on avait retrouvé 3 vieilles égorgées dans leur appart’, quelque part en ville. J’avais oublié, un moment, que même si ma pauvre petite vie était en danger pendant quelques heures, la vie continuait dans le reste d’LA, malheureusement pour les pauvres vieilles… McCoy et Wang Lee avaient l’intention de me déposer à l’hôpital avant de rentrer chez eux se reposer avant de reprendre leur service cette nuit. Je ne sais pas ce qu’ils ont décidé de faire au final. Ils m’ont déposée à l’hôpital et ils sont peut-être retournés au Dancing en Feu à Norwalk. Encore un 10-18… je suis épuisée, rien que d’y penser… Encore quelques lignes, et puis dodo. Ça ne me rassure vraiment pas de me trouver ici alors qu’ils sont en plein dans l’action, quelque part. Sans nouvelles. McCoy a mon numéro, j’espère qu’il me tiendra au courant…

 

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