Mercredi 21 janvier 2009 3 21 01 2009 15:49
- Par Sylona Lily-Ann Névée

Sometimes I believe in fate

But the chances we create

Always seem to ring more true

You took a chance of loving me

I took a chance on loving you

 

Corentin. Trois syllabes qui ne m’inspiraient rien. Aujourd’hui sources de mon bonheur et de mon désespoir. Toujours présent à mes côtés et à ce point inaccessible. Les mots s’enchaînent dans ma tête, se déroulent devant mes yeux, mais ne viennent pas sur le papier. Parce que peu importe les mots que j’utilise, nul n’est assez juste pour décrire ce que je ressens. Juste étrange, unique, et différent. Est-ce que je crois ? Non, je ne crois plus. En suis-je sûre ? Je crois… C’est une interminable danse, un merveilleux déséquilibre entre l’être et le non-être. To be or not to be. In Love.

Quand je lui parle, I am, I feel, I do, I love. Mais lorsqu’on me parle de lui, I doubt, I hope, I would like, I don’t know. Et pourtant, je sais quand je suis vraie. Je sais ce que je ressens pour lui, et si je peux le lui avouer, confronter la réalité de mes rêves aux rêves de réalité des autres est une chose trop troublante. Les autres ne me comprennent pas ou, s’ils me comprennent, me rende malheureuse en me parlant d’un autre monde, le leur, dans lequel à leurs yeux leur exemple est à suivre.

Ainsi donc je suis folle, je suis guimauve et rose, je n’ai de pieds que dans mes rêves et juste un doigt sur terre. Ma vie n’est qu’illusions et mon bonheur chimère. Mon amour me perdra, ma naïveté m’achèvera. Moi, petit parasite imbécile, meurs de ma propre solitude. Je l’affirme, je suis folle, mes rêves de liberté et d’amour pur et simple ne vous ressemblent plus. Votre bonheur n’est pas le mien et si par amour le parasite se noie, alors c’est avec joie que le parasite meurt. Dans une solitude que vous m’avez créée, j’avance dans la vie emportée par le temps, dans mon propre courant. Certains, par jalousie, peut-être simple méchanceté, m’ont prédit dans l’avenir plus de désillusions que de rêves achevés. Si vos rêves sont médiocres, si vos pensées sont vides et vos espoirs meurtris, ne vous en prenez pas à ceux qui rêvent encore. L’âge adulte semble atteint lorsque l’enfance est délaissée. Emportant avec moi un univers d’irréel, un monde d’intangible, n’en ai-je pas moins été élue membre du comité, responsable de classe, première à mettre de l’ordre dans le chaos de vos idées ? Nos voies sont parallèles, sans doute, mais si la vôtre est pavée, droite, et vous mène au cimetière, la mienne est sinueuse, boueuse mais jamais mes talons sur le sol durci n’ont le brut métallique du pas d’un automate.

Construire sa propre voie est par nature aisé mais la foule qui observe, qui guide et qui soumet, nous prétend le contraire. Elle est le seul obstacle à une vie libérée, à un bonheur tranquille, un rêve réalisé, une utopie en création, une utopie en construction. Les yeux de la foule sont un enfer qui brûle tout ce qui ne lui ressemble pas, l’anéantissant ou le faisant sien, le noyant dans la masse. Le but de mon jeu (car qu’est-ce, sinon un jeu ?) est de lui résister. Posée devant ses yeux, soutenir son regard et continuer de vivre. De vivre comme je l’entends, toujours et à jamais. Eternelle enfant, naïveté mature, petite fée aux yeux adultes.

Sans fin et sans repos, je me laisse porter par le courant que je crée. Tout est paradoxe et rien ne se comprend. Je suis et ne suis pas, réelle et irréelle, sûre de tout, sûre de rien, mais ne sachant qu’une chose, certaine d’un seul fait. Je t’aime.

Le temps s’enroule et se déroule à vitesse constante. Pourquoi constante ? Parce que le temps n’a pas de vitesse propre. La vitesse se calcule en fonction du temps. Mais si le temps est relatif, la vitesse l’est également et dans la vitesse change, la vitesse du temps change, et ce que l’on ose nommer science de précision ne devient à mes yeux que tissu de mensonges. Vérité n’est pas réalité, et aucun des deux n’existe réellement. La subjectivité est la base du monde et mes rêves éveillés ne peuvent être irréels…

 

Dreams are my reality

The only kind of real fantasy

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