Dimanche 28 décembre 2008 7 28 12 2008 11:08
- Par Sylona Lily-Ann Névée

Affecter d'en avoir eu beaucoup. Se plaindre qu'on les a perdues...
[Gustave Flaubert]

C'est sans aucun doute la citation qui me parle le plus en ce moment. Non, peut-être que je ne me faisais pas vraiment d'illusions à son sujet, peut-être que je savais ce qu'il préparait, mais dire que je le savais est aussi malhonnête que de dire que je ne le savais pas. Je le savais sans le savoir. Sans doute est-ce là une illusion. Donc j'en avais. Suivez le développement. Mais il m'a remise face à la réalité. La réalité qui, je le sais, n'a aucun rapport avec la fiction, ou la virtualité d'internet. j'ai déjà eu tendance à l'oublier, les personnes avec qui on est en contact sur internet sont des personnes véritables, avec des sentiments, des vies, une façon de faire, de vivre et de réagir qui leur est leur. Nous n'avons aucun droit de les considérer comme s'ils n'existaient pas, nous n'avons aucun droit de penser que nous pouvons leur faire croire ou subir n'importe quoi, parce qu'on en a envie, parce qu'on s'ennuie, parce qu'on est une gamine de onze ans à l'imagination beaucoup trop fertile.

J'ai connu les deux rôles. Celui qui fait subir aux autres par sa connerie, qui rend les autres malades pour se sentir exister, pour avoir la satisfaction d'avoir modifié leur vie. Mais, est-ce une excuse, j'avais onze ans. Plus récemment, beaucoup plus récemment, le jour de la veille de noël, plus exactement, un chateau de carte énorme s'est écroulé devant mes yeux, détruit par un enfant sans coeur jouant avec des fourmis sans existence dans une fourmilière qu'il avait commencé à coustruire avec eux. Mais lorsque les fourmis ont eu pris un peu trop d'indépendance par rapport à lui, il ne l'a pas supporté. Il aurait voulu rester roi et dictateur sans égal de ette fourmilière. Lorsque deux des fourmis, servant jusqu'alors de leurre de démocratie, lui ont réclamé le droit qui leur revenait, c'est à dire d'avoir droit à la parole lors de la prise de décisions importantes, charge qu'il se réservait à lui-même. Pensant sans doute qu'une fois qu'il leur aurait laissé ce pouvoir, ils décideraient de le chasser, il se trouvait en proie à une paranoïa débile l'ayant déjà poussé à transformer la fourmilière en bunker une fois. Afin d'empêcher "ses" fourmis, "ses" créations, de vivre sans lui, il a décidé d'écraser la fourmilière sans prévenir personne, et d'enfoncer les trois fourmis qui ont essayé de lui faire entendre raison, de les enfoncer sans aucune pitié, leur jetant à la figure des choses qu'il n'aurait jamais cru dire il y a une mois d'ici, ou du moins, j'ose l'espérer. L'espoir, je le sais, nous berce souvent d'illusions...

C'est aujourd'hui, alors que, voulant prendre de ses nouvelles, je me suis promenée sur son blog, que j'ai lu ce qu'il pensait de moi, de nous. Il semblerait que pour lui, l'internet soit un immense plateau de jeu, un énorme jeu de rôle où il serait le seul joueur, et le reste du monde serait un PNJ avec lequel il peut se conduire comme il l'entend, sans avoir peur de l'humilier, de le blesser au plus profond de son être... Les dernières cartes du château se sont écroulées lorsque j'ai lu tout ça...


"C'est ce que j'ai fais l'autre soir et je me sens très bien depuis cet incident. J'ai envoyer chier des étrangers du net que je considérais comme des amis, mais que ma partie sombre considérait comme des pions. Je ne regrette pas de leur avoir dit ces méchancetés, ils me tapaient réellement sur le système, comme on dit par chez nous. Cette jeune femme fragile qui ne peut pas s'empêcher de s'inquiéter pour les autres et pas assez pour elle-même, cet être froid qui ne semble pas montrer aucune peine face à la perte de sa petite amie et ce gamin étrange qui se prend pour un type cool alors qu'il ne l'est pas. C'est qu'un gamin et il passe déjà son adolescence sur le net à essayer de comprendre les gens, alors qu'il que gueuler et crier à l'injustice à toutes les fois qu'il voit un truc qui sort de l'ordinaire. La réalité est que ce n'est pratiquement que du virtuel. Tout ce qui se fait en ligne reste en ligne, tout ce qui se fait à l'extérieur reste à l'extérieur normalement. Quand on commence à confondre réalité et virtualité, il y a alors un facteur qui décide dans tout cela ce qui est bien ou mal pour la personne qui se sentira vexée par toute cette histoire. J'ai fais le choix de déverser ma colère sur trois inconnus pour la simple raison que j'avais envie de le faire. J'ai ris, j'ai souris, j'ai jouis en voyant leurs réactions. C'est pathétique ce que certaines personnes peuvent s'emporter facilement quand on décide de les provoquer sans raison, sauf bien sûr si c'est que pour s'amuser. J'avais envie de voir ce que c'était que de jouer avec les sentiments de ces rats de laboratoires, il faut croire que mon hypothèse était bonne : on leur donne un palais, ils vont se prendre pour des rois. On leur enlève leur fromage, ils vont commencés à couiner. Hé hé hé... A vrai dire, je n'ai aucun sentiment pour ces trois "projets scientifiques". Ils ne sont pour moi que des données scientifiques, une base de données de 0 et de 1. Je me fous de l'humain qu'il y a derrière, tout ce que je veux, c'est m'amuser. Point. En gros, la plupart des gens du net qui croient qu'ils sont mes copains sont en réalités à côtés de la plaque. Je me sers de vous dans le simple but de me désennuyer. Si vous avez quelque chose qui m'intéresse, par contre, il se pourrait bien que je me montre gentil à la longue et que j'accepte de devenir votre ami. Pour ce qui est du reste, continuez à jouer tranquillement mes pions et taisez-vous, comme de vraies petites pièces d'un jeu d'échec."

J'aimerais pour ma part te dire, Danny, qu'avant ce jour oùtu as soufflé sur mon château de carte, et même encore après, je t'avais toujours considéré comme quelqu'un de confiance, que j'aimais bien, avec quelques problèmes comme on en a tous, mais avec une compréhension des choses toute en finesse et en nuances. Malheureusement, il semblerait que je me sois complètement trompée à ton sujet, et au final, ce n'est pas à toi que j'en veux de nous avoir tous trompés car, bien loin de nous diviser et de nous séparer comme tu l'aurais voulu, nous nous sommes soudés, et avons reconstruit notre petite fourmilière, notre "palais", comme tu l'appelles, ailleurs. sauf que nous ne sommes ni des fourmis, ni des rats de laboratoire. Peut-être bien des fourmis, quand j'y pense. Quand un sale môme cruel les prive de ce qui leur est vital pour survivre ENSEMBLE, elles prenent leur courage à deux mains et se lance dans une reconstruction. Mais contrairement à elles qui ont besoin d'une reine et d'une hiérarchie pour s'en sortir, nous n'avons pas besoin de toi. Ne crois pas que, nous ayant privé de ta "merveilleuse" absence de présence, tu nous aies empêché de nous reconstruire.

Adieu, Danny. La personne bien que je pensais que tu étais va me manquer.

Sally Elves, ancienne élève, préfète, directrice de maison de la Hogwart School Division Bhaldi...

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