Je n’ai pas envie d’écrire ce que j’écris d’habitude. J’aimerais trouver d’autres sujets, d’autres façons d’exprimer la réalité. La mienne, mais aussi la réalité sous d’autres points de vue.
J’aimerais. Et le jour où j’y arriverai, ce jour-là, je serai enfin prête à terminer mon roman. Mais je ne crois pas que je serai prête un jour. Ou plutôt je ne crois pas que je me sentirai prête
à la terminer un jour. Je devrai prendre mon courage à deux mains et me jeter sur mon travail, afin de l’apprivoiser. Mais je fuis le travail comme je fuis la réalité. Ce ne sont que deux
maladies, deux pestes, deux choléras insoutenables et impitoyables, qui me poursuivent où que j’aille. Je ne fuis pas réellement le travail, mais plutôt l’effort. Du moment que le travail ne me
demande pas trop d’effort, je ne me plaindrai pas et je ferai ce qui m’est demandé, mais une fois le travail plus conséquent, je ne cesserai de reporter à demain, jusqu’à ne plus pouvoir,
toujours au pied du mur. Quel gâchis…
Pour ma Saint Nicolas, on m’a acheté un t-shirt La Fraise, qui doit arriver chez
moi dans le courant de la semaine prochaine. Je l’attends avec impatience, et j’espère l’avoir lundi,
avant de retourner en Flandre, mais cela m’étonnerait beaucoup. Envoyé de France ce vendredi, je ne suis pas sûre qu’il arrive en Belgique avant mardi… C’est dommage, j’aurais voulu le montrer en
classe. C’est un t-shirt représentant une carte à jouer, avec d’un côté Blanche-Neige croquant une pomme en tant que reine de cœur et son autre moitié, tête en bas, représente la sorcière en
train d’empoisonner une pomme. Ce n’est pas vraiment le plus beau qu’il y avait sur le site, mais en ce moment, pour ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué, je fais une fixation sur la Reine
de Cœur. Enfin, ce n’est pas vraiment la Reine de Cœur, mais la Red Queen, l’équivalent anglais de la Reine Noire dans un jeu d’échec. Mais la confusion est pardonnable, étant donné que la Reine
Rouge des échecs est noire, et pas rouge… J’ai vraiment hâte de recevoir ce t-shirt.
Et pendant que je tape, noircissant quelques pages Word de mots sans importance, produisant quelque chose qui ressemble à de l’écriture mais
qui ne mérite pas vraiment ce nom, en arrière plan, la tragédie de Sweeney Todd se
rejoue
une nouvelle fois. Les chants se suivent, ainsi que les crimes, la musique m’entraine dans un tourbillon de notes et d’images sombres et effrayantes, bien que je ne prenne même plus la peine de
regarder ce que je connais aujourd’hui par cœur. Je n’ai qu’à fermer les yeux et écouter les sons afin de savoir exactement quelle image coller à quel moment, sans grand besoin de
réflexion.
Et pendant ce temps, encore, les secondes cèdent place aux minutes, les minutes aux heures… Mais les heures ne restent encore que des heures. Laissez en encore passer deux, et elles se seront transformée en une nuit. Une nuit complète, passée une fois de plus à ne rien écrire d’autre que ces lignes insipides sans but autre que… en réalité sans but aucun. Sans but sérieux, devrais-je dire.
Je n’aime pas les vacances.
Les papillons qui bougent empêchent de lire. Je sais. c'est le but.