Samedi 15 novembre 2008 6 15 11 2008 00:12
- Par Sylona Lily-Ann Névée

                 Plus le temps passe, et plus j’apprends à connaître les gens qui m’entourent. Il y a ceux qui ont un bon fond, ceux qui ne pensent pas à mal, ceux qui me ressemblent, ceux qui ne me regardent pas, ceux qui font mal aussi existent, malheureusement. Ils ne s’en rendent peut-être pas compte… J’ai dit que je le détestais, et qu’il était un sale enfoiré, traduction plus qu’approximative du Klootzak néerlandais. Mais puis-je vraiment détester quelqu’un ? Comme je l’ai dis à Klaas, mon cœur balance entre deux émotions, principalement. La Joie, avec tout ce qu’elle comprend, en passant de l’amitié à l’amour par la victoire ou le simple bonheur d’exister. La peine, la tristesse, le mal-être, le désespoir sont de l’autre côté et sont provoqués par tout ce qui ne fait pas ma Joie. L’Indifférence, l’hostilité, la haine me détruisent. La solitude, les moqueries… J’ai dit que je le détestais et le seul fait de l’avoir dit m’a rendue profondément triste, alors que ce qu’il a dit et fait m’avait arraché mon cœur déjà en train de tomber en lambeaux. Je ne peux pas vraiment détester les gens, parce que cela revient à me détester moi-même, d’une certaine façon.

                Ik had gelijk. Hij was slechts een mooi droom. Mais peu m’importent ce que pourront dire les autres, peu m’importe tout ce qu’il s’est passé (ou plutôt tout ce qu’il ne s’est pas passé), pas question de me prendre la tête avec lui comme je l’ai fait avec la plupart de ceux qui l’ont précédé. Plus j’avance dans le temps et plus je comprends certaines choses. Les morceaux du puzzle s’assemblent et ce n’est qu’en reculant encore que l’on peut voir l’image au complet. Plusieurs puzzles sont en cours de construction, dans ma vie. Deux habitent presque constamment mon âme ces derniers temps. L’un concerne de vieux « amis » et l’autre de « nouveaux » amis. Quelqu’un de perspicace aura remarqué sans que je le confirme cette petite différence entre les deux puzzles. Les deux parlent d’amitié, mais un seul d’Amitié avec un grand A. Devinez lequel. Si vous ne voyez pas encore, la suite vous en dira sûrement plus.

                Le premier puzzle, concernant mes vieux amis. Plus le temps passe, moins les nouvelles pièces se font nombreuses. Certaines ont d’ailleurs sûrement déjà disparu. Mais les petits détails qui s’ajoutent au hasard de conversations, lâchés par inadvertance, rendent des personnages du tableau encore un peu moins roses. L’un deux, en tous cas, en a pris assez pour que je ne le considère plus jamais comme étant un « ami ». Je ne sais pas s’il se reconnaitra, je ne sais pas si l’un de mes lecteurs le reconnaîtra, mais je souhaite que oui, bordel de merde. Je souhaite vraiment qu’il se reconnaisse. Et je veux aussi, surtout et avant tout que quelqu’un le fasse souffrir comme j’ai souffert à cause de lui, de sa mesquinerie, de ses mensonges, de sa lâcheté.

                Le deuxième puzzle concerne mes nouveaux amis. Nouveaux en italique parce que j’ai parfois l’impression qu’ils ne sont pas nouveaux, qu’on se connait depuis un bout de temps, même. Jusqu’au moment où, bordel de merde (mon expression du moment) l’un deux fait un truc auquel je ne me serais jamais attendue. Venant de quelqu’un que je pensais plutôt gentil, il va me sortir une saloperie et je vais apprendre qu’en fait, tout le monde le déteste et venant de quelqu’un avec lequel je ne m’entendais pas, il va se montrer d’une gentillesse incroyable… Et puis il y a aussi celui qui reste éternellement le même. Celui qui, malgré tout ce qu’il pourrait se passer (ou presque tout) restera fermé, camouflé derrière un rôle qui le protège. Et tandis que j’écris cela, je ne peux m’empêcher de penser à moi et à ce que l’on m’a reproché. Ça y ressemble, un peu, beaucoup, passionnément… Sans doute est-ce cette ressemblance qui m’a attirée chez lui. Et, étrangement, dès le début j’ai su comment cela se passerait. Parce qu’avec moi, si ce n’est pas moi qui fais le premier pas, ça se passe toujours comme ça. Je ne suis jamais réellement sûre de ce que je veux. J’essaye de me dire que c’est ce que je veux, mais ça ne l’est pas, alors je laisse tomber. Mais je le fais bien plus cruellement que lui n’ose le faire. Parce qu’il y a certaines personnes desquelles je n’ai pas peur d’être haïe. Mais lui, si quelqu’un lui en veut, il s’en voudra à lui-même. Etrange. Je me déteste de détester les gens et lui se déteste d’être détesté.

                Je ne suis plus celle que j’ai pu être. Ô, combien de fois ai-je pu écrire cette phrase ? À chaque fois, sonnant si juste et pourtant par après si vides de tout sens. Maintenant que tout, autour de moi, a changé, je me sens moi-même différente de ce que j’étais. Alors que, dans le premier puzzle, chacun des personnages avait une image précise et déformée à sa manière de ce que je suis, je peux ici dans ce deuxième puzzle me remodeler une autre image de départ qu’ils n’altèreront que par la suite.

                Le Requiem Lacrimosa de Mozart vient de s’achever. Pendant toute la durée de cette merveille, je n’ai pu écrire un seul mot. Ce morceau m’emplit de frissons, de larmes, d’espoir et de bonheur. Je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas l’expliquer. C’est comme de respirer l’odeur de quelqu’un qu’on a aimé, d’enfoncer son visage dans un vieux pull qu’il a porté, se souvenir de la douceur d’un frôlement de sa main, tout en sachant qu’on ne revivra plus jamais d’instants pareils. La musique, la musique douce, la bonne musique douce, pour être très précise, me fait cet effet-là. Et encore, quand j’y repense, je ne dirais pas que le Requiem Lacrimosa soit vraiment doux. Tout dépend de celui qui l’entend.

                Je n’ai pas envie de m’arrêter d’écrire, parce qu’écrire des choses m’aide à vider mon esprit, m’aide à réfléchir, à mettre les choses à plat, à voir ce que je n’avais pas encore vu, à exprimer ce que je ne savais pas que je devais exprimer.

                Pendant quelques minutes, je n’ai pourtant plus rien écrit, l’esprit aussi vide qu’une carcasse d’huitre que l’on viendrait de gober (ouah, l’image… miam…) et cherchant dans toute ma bibliothèque la musique appropriée à mon état d’esprit. Pas vraiment trouvé, mais je me suis arrêtée sur Wake me up when September ends. Drenching my pain again, becoming who we are. Parole de la chanson. Très joli. J’aime énormément.
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